LE PONT SUR L'ORNE
Les hatriziens comme bien dautres ont lhabitude de franchir lOrne par ce pont qui fait que les deux parties de notre village ne font plus quune.Cependant sans le savoir nous franchissons la rivière à lendroit même ou les romains passaient il y a plusieurs siècles. Il en est pour preuve la découverte de dalles en pierre de 40cm x 40cm reposant à 2m sous la chaussée mises à jour lors de la pose dun collecteur entre la maison forte et le mur de soutènement se trouvant de lautre coté de la rue de Verdun.
Ces pierres sont vraisemblablement les restes dun gué faisant lui même partie dune voie romaine qui devait passer par lactuel et chemin de Metz pour repasser ensuite aux environs de la ferme de Daumont.
Un petit pont fut construit vers 1700, il était en pierre de taille fort bas et fort étroit et se trouvait donc être fréquemment submergé par les eaux lors des crues.Les année sécoulant, les nombreux passages de roues qui étaient à lépoque en bois ou cerclées de fer avaient fini par user le tablier et après chaque hiver il fallait remplir les creux avec du gravier pour en permettre lutilisation.
La décision de procéder à la mise en chantier dun nouveau pont fut prise vers 1840 par M.Marchal qui était à lépoque maire dHatrize.La première pierre fut posée le 30 mai 1844, la dernière pile fut mise hors eau le 5 septembre de la même année et on passait avec les voitures le 11 novembre toujours cette même année.
Les lisses du garde fou, elles, furent posées dans le courant de lannée 1845.
Ce pont mesure 63m et possède 8 arches. Les piles sont en pierre de taille de Jaumont et en moellons de Hatrize. Les travées comprennent chacune 5 poutre en chêne et le plancher est en chêne recouvert dun empierrement, les gardes corps sont en bois.
Sur le plan cadastral on peut lire la mention suivante: «pont de bois terminé sur le terrain le 11 décembre 1849». Ce pont a été confectionné par M.Charles Schons entrepreneur de bâtiments domicilié à Briey et a coûté environ
En 1874 lusage du pont est interdit pour cause de délabrement, toutes les poutres des têtes sont hors détat de supporter une charge (deux sont déjà rompues) et une grande partie du garde corps nexiste plus.
Une décision doit être rapidement prise car malgré les interdictions, certains habitants dHatrize continuent à utiliser le pont au péril de leur vie.
Plusieurs projets sont présentés pour la reconstruction. Même si il est possible de se fournir en pierres de taille et en moellons dans une carrière située à quelques
Le conseil municipal de lépoque du alors réfléchir aux différentes options de financement du chantier.
La possibilité de recourir à un emprunt de 5000 francs, une imposition extraordinaire et un prélèvement sur la vente de chênes fut évoquée mais les sommes réunies ne permettaient pas de couvrir la totalité du projet.
Quatre autres versions du projets furent également étudiées mais aucune ne répondait pleinement aux besoins des utilisateurs.
Toutes les communes environnantes (Moineville, Auboué, Valleroy, Labry, Conflans et Jarny) furent sollicitées pour financer une partie des travaux mais toutes refusèrent de participer rétorquant sans scrupule que le pont ne leur était daucune utilité. Seule la commune de Giraumont bien que nayant aucun revenu, accepta de participer à la hauteur de 50 francs.
Les membres du conseil municipal, révoltés par la réaction des communes avoisinantes décidèrent dévaluer eux-mêmes la quote part que chacune des communes devait, par solidarité, verser au financement des travaux. Les éléments pris en compte étaient entre autres, le nombre dhabitants, la distance et les rapports commerciaux avec notre village.
Il faut souligner que le moulin qui était très actif à cette époque était utilisé par bon nombre de personnes des environs.
La participation évaluée de chacun fut la suivante:
8000 francs pour Hatrize, 1200 francs pour Valleroy, 400 francs pour Valleroy, 300 francs pour Auboué, 400 francs pour Labry, 250 francs pour Conflans, 200 francs pour Jarny et 50 francs pour Giraumont.
Cette proposition fut soumise au préfet qui, à lamère surprise des communes concernées fut reconnue comme bien fondée, à ceci près, quHatrize devait augmenter sa participation de 1000 francs, montant qui serait déduit des sommes que devaient verser les autres communes.
Comme on peut le constater, lintercommunalité tellement à la mode aujourdhui, avait à cette époque bien des progrès à réaliser.
Les travaux de réfection effectués, notre pont nen était pas pour autant au bout de ses peines.

A 
A lusure naturelle devait sajouter les dégâts subits lors des conflits armés qui secouèrent notre pays à plusieurs reprises et cest ainsi que le soir du 14 juin 1940 larmée française fit sauter le pont afin de couper la route aux soldats allemands (des pierres des anciens piliers sont dailleurs encore visibles et reposent sur le lit de la rivière).
Fin 1940, pendant loccupation, la reconstruction de louvrage mais cette fois en 3 travées est décidée par ladministration civile française. Lentreprise Lelievre et Patenotte de Hatrize dune part et lentreprise Filiot de Conflans dautre part mèneront à bien les travaux qui seront terminés vers le milieu de lannée 1942.
Pendant la période de reconstruction, le franchissement de la rivière se fera soit à gué, soit par une passerelle provisoire soit en barque.
Cest en 1943 que fut décidée la plantation de 25 tilleuls et 12 peupliers pour orner les abords du pont et la place du moulin.
LE NOUVEAU PONT


Aujourdhui, pour des raisons de mise en conformité, notre pont a suivi une véritable cure de jouvence entre les mains de lentreprise Berthold. Certaines piles ont été renforcées, le garde fou ainsi que les murets dextrémité ont été remplacés. A noter que ces modifications ont été réalisées avec beaucoup de goût et cette architecture de style ancien sintègre parfaitement dans son cadre de verdure et deau.
Reste à souhaiter que cet ouvrage, témoin il y a encore peu de temps de nombreux accidents de la circulation
(essentiellement dus à une mauvaise signalisation et une vitesse excessive des conducteurs de lépoque) demeure pour de nombreuses années encore un harmonieux trait dunion entre les deux parties de notre village.
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